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Vendredi, le 23 mai
Enfin le printemps!
Il était temps qu'on sorte de
notre torpeur et qu'on redonne signe de vie... avec l'aide de certains
d'entre vous qui avez réclamé une chronique. Je dois avouer qu'en fait,
nous avons été plus actifs cet hiver, contrairement aux précédents.
Entre autre, nous avons un beau vieux tracteur avec une souffleuse qui
a beaucoup servi. C'était l'hiver parfait pour pratiquer et on n'a
jamais eu à attendre notre tour pour que le chemin soit ouvert, quel
plaisir! Les pelles aussi se sont faites aller, on a dû déneiger les
toits de l'abri, du garage et de la maison avant la fonte et les pluies
car il y avait pas moins de 5 pieds de neige.
Cette année, nous n'avions
rien prévu comme travaux puisque l'expérience avait démontré que nous
n'avancions à rien pendant la saison froide et pourtant, cette fois,
quelques petites choses ont avancées. Alain a fait de la finition en
bois sur certains pans de murs et nous avons "chinké" les bonhommes
pour éliminer les fuites d'air entre les billots. Nous avons essayé 2
méthodes pour colmater les espaces: un produit du commerce à faible
émission de COV qui coûte $75 le tube et un mélange maison à la chaux.
Devinez lequel on préfère? et ce n'est pas juste une question de sous.
Même si le produit Sansin se travaille assez bien et qu'on
l'utiliserait dans le cas d'application à l'extérieur à cause de son
élasticité, on a préféré la chaux pour terminer les murs intérieurs.
C'est beaucoup plus facile de nettoyer les outils entre autre.
Pour ce qui est de la
situation chauffage et température à l'intérieur en hiver, peu de
progrès. Je trouve qu'il fait encore trop froid le matin pendant les
quelques semaines où ça caille dehors, 10C ne m'encourage vraiment pas
à me lever le matin! C'est pourquoi j'ai fabriqué des rideaux qui
ferment l'avant du premier étage et qu'on a mis des plastiques dans les
fenêtres du deuxième. Pour l'an prochain, on voudrait poser une feuille
de polycarbonate à 4" du côté intérieur de chaque fenêtre pour
conserver la vue et gagner en isolation. On veut aussi complètment
remplacer le poêle à bois par un "rocket stove and mass heater": un
foyer de masse avec surface de cuisson et four intégré.
Je dois aussi vous parler de
notre plancher de terre battue qui lors de ma précédente chronique
n'était pas encore terminé. Nous adorons son fini doux et un peu inégal
sous les orteils et à notre grande surprise, la relative chaleur au
toucher comparativement au plancher de ciment du premier. Par contre,
la finition à l'huile de lin bouillie fut un dur apprentissage: ce qui
se vend dans les quincaillerie n'est pas de l'huile de lin bouillie
malgré ce qui est écrit sur l'étiquette. C'est de l'huile qui a été
traitée par des produits chimiques toxiques pour avoir les mêmes
qualités que si elle avait été bouillie! Mon asthme en a pris un coup,
d'autant plus qu'il était tard dans la saison et qu'il faisait trop
froid pour laisser les portes et fenêtres ouvertes en tout temps. Il
faut absolument utiliser une des huiles de finition pour le bois
vendues dans les magasins de produits naturels... leçon apprise.
Nous avons eu plusieurs
demandes de futurs bâtisseurs qui voulaient profiter de notre
expérience et voir sur place ce qu'une maison de pneus a l'air. Une
journée de visite/atelier a été organisée au mois de mars pour 4
personnes et d'autres viendront nous aider cet été pour apprendre dans
le feu de l'action. Il semble qu'il y aura d'autres earthships au
Québec d'ici peu, dont un à quelques kilomètres de chez nous selon
l'urbaniste de la municipalité que j'ai vu lors de la demande pour un
nouveau permis de rénovation. Nous avons reçu notre premier compte de
taxes sur l'évaluation de la maison "pas terminée" et une lettre nous
demandant de renouveler le permis pour continuer les travaux.
Encore cette année, des
problèmes avec l'eau, c'est notre karma je suppose. Nous avons une
source d'une qualité exceptionnelle qui fourni la maison, mais le
captage, le transport et l'entreposage nous causent toujours des maux
de tête. Pas de gel cet hiver, mais à la fonte des neiges, il y a eu
infiltration des eaux de surface dans l'ancien puits qui nous sert de
citerne causant la présence des diverses bactéries indésirables. Nous
envisagions déjà changer de réservoir et avons décidé d'aller de
l'avant tout de suite avec l'achat d'une citerne de 1000 litres,
récupérée de l'industrie alimentaire. Nous l'avons installer de façon
temporaire pour avoir de l'eau potable rapidement, mais nous devrons la
stabiliser et l'isoler avant l'hiver prochain.
Et avant l'arrivée des mouches
noires, je me suis dépêchée de réaliser un vieux rêve: planter des
arbres fruitiers. Je suis une admiratrice de Ken Taylor de la ferme
Pointe-du-Moulin depuis près de 20 ans. J'avais lu un article dans The
Gazette où il parlait de sa vision de l'agriculture: comment encourager
seulement une poignée de productions comme les vaches et le maïs, les
cochons et les pommes n'a aucun sens puisqu'on se retrouve en
surproduction et que le gouvernement doit les subventionner. Il citait
l'exemple du poirier japonais qui peut rapporter $1000 l'arbre,
transposé sur un acre, c'est 500 fois plus que pour le maïs. Bref, je
rêvais d'avoir quelques arbres pour devenir un peu plus autonome et
profiter de savoureux fruits frais. Nous avons donc planté un prunier,
un cerisier, un noyer, une vigne ainsi qu'un pommier. On ajoutera cet
automne un autre pommier pour la pollinisation. J'ai mon oeil sur un
vieil arbre au Centre Pierre Boogaerts qui produit de belles reinettes
grises. Je devrais pouvoir prélever et transplanter un de ses nombreux
rejets de souche.
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