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Nous tournons et retournons en rond, épluchant les petits annonces des journaux et d'internet. Tranquillement notre liste de souhaits se raccourcie en pensant qu'ainsi on trouvera plus facilement. Nous décidons d'étendre le champs des recherches pour inclure tout ce qui se trouve à moins de 2 heures de Montréal où j'ai recommencé à travailler un peu histoire de payer les comptes. Rien n'y fait, ce qu'on voudrait est très rare et toujours déjà vendu lorsqu'on appelle.
Puis on découvre qu'un cousin d'Alain a le même rêve que nous et cherche un terrain avec les même caractéristiques. Ça tombe bien, Steve et Alain s'entendaient à merveille lorsqu'ils étaient gamins! On se remet à chercher de plus bel.
Une autre année s'écoulera et la liste de souhaits se remet à rétrécir et le moral à baisser. Fin septembre 2002, dans le Journal de Montréal, quelques annonces intéressantes à Chertsey, une dernière tentative, sinon il faudra attendre le printemps. On planifie une journée, le mercredi, pour aller voir de quoi il retourne.
34 acres boisés, un droit d'accès au lac à quelques minutes de marche, zoné commercial tout en long sur le bord de la route 125, ouais, bof, trop cher en plus. On tourne en rond on relève des numéros de téléphone on tourne en rond. 16h30: dernier rendez-vous d'une longue journée. On attend le monsieur dans le stationnement du restaurant où on doit se retrouver. Découragée, je jure que c'est le dernier terrain qu'on va voir; y'en a marre!!!
Le monsieur arrive, avec sa femme. Ils nous précèdent et nous mènent un peu plus au nord sur une petite route cahoteuse pleine de courbes et s'arrêtent en haut d'une côte à l'entrée d'un chemin. En marchant, le monsieur nous explique que le terrain fait 45 arpents, qu'il est bordé d'un côté par 2000pi d'une rivière que nous apercevons parfois au détour du sentier. Au bout de presque un kilomètre, on bifurque à droite pour remonter vers un chemin de bois qui traverse toute la terre. Il l'a fait faire pour sortir le bois qu'il a coupé. Un bon chemin, assez large pour rencontrer les exigences de la municipalité au cas où les acheteurs voudraient l'enregistrer pour ensuite subdiviser et revendre des parcelles. Ça tombe bien, il faudra de toutes façons y faire au moins 2 lots! Il nous explique qu'il y a un "chemin de colon" qui devra être fermé et qu'il s'en chargera avant la vente finale; que nos voisins ont aussi de grands terrains: 30 et 80 arpents... De retour aux voitures je l'écoute à peine, je dois avoir les yeux tous ronds. C'est incroyable, tout y est: l'eau, les beaux arbres, la superficie, une bonne pente plein sud, la tranquilité. Tout ça à un prix qui semble plus que raisonnable si Steve veut bien le séparer avec nous.
Il faut faire vite. Le lendemain, Steve et Geny (sa femme) vont voir et sont emballés. Il faut quand même faire quelques vérifications, il y a tant d'histoires d'horreur à "La Facture" et "J.E."! Le vendredi soir, il faut donner une réponse sinon une annonce paraîtra dans le journal du lendemain. On saute à l'eau et on prend rendez-vous pour le début de la semaine. On se retrouve tous autour d'une table de cuisine à signer une offre d'achat/vente qui prévoit de passer chez le notaire début décembre, pendant qu'Alain et moi seront en France. Finalement, il faudra attendre jusqu'en avril 2003 pour que le petit coin de paradis soit enfin à nous…


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